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[10/03/2026] Le peuplement à arganier de la haute vallée de l’oued Grou

L’étude a pour objectif de cartographier, à l’aide d’images satellitaires à très haute résolution spatiale, la formation à arganier située dans la haute vallée de l’oued Grou. Ce peuplement correspond à une population disjointe localisée à environ 400 km au nord de l’aire principale de répartition de l’arganier. Il est considéré comme un site d’intérêt biologique et écologique et a été identifié comme prioritaire pour la mise en œuvre de mesures de conservation et de valorisation.

La zone d’étude est caractérisée par un bioclimat semi-aride à hivers tempérés, avec des précipitations annuelles estimées entre 400 et 450 mm.

Dans l’ensemble, l’arganeraie se présente sous la forme d’un matorral dégradé sous l’effet combiné des coupes de bois et du surpâturage. Elle comprend environ 775 pieds d’arganiers dispersés sur une zone à vocation sylvo-pastorale de 1200 ha, située entre 200 et 600 m d’altitude.

La majorité des arganiers se développe sur des versants très escarpés, exposés au sud ou au sud-ouest, sur des substrats schisteux paléozoïques caractérisés par des sols peu développés. Les arganiers y sont principalement associés au sumac à cinq feuilles (Rhus pentaphylla).

Quelques individus sont également observés en ubac. Cependant, sur ces versants, où les sols sont généralement plus profonds et mieux développés, la formation végétale dominante correspond à des boisements de thuya (Tetraclinis articulata), d’oléastre (Olea europaeasubsp. europaea) et de lentisque (Pistacia lentiscus).

À ce jour, ce site n’a jamais fait l’objet d’un plan de gestion. Cette absence de mesures d’aménagement explique en partie le degré de dégradation observé, près de 68 % de la surface étant actuellement occupée par des sols nus.

Il convient de rappeler que la présence de l’arganier dans la vallée de l’oued Grou a été signalée pour la première fois par Emberger en 1924. Par ailleurs, l’étude du génome chloroplastique de l’arganier a montré que ces peuplements résulteraient d’une dispersion relativement récente, probablement d’origine anthropique (El Mousadik & Petit, 1996).

Réf. Sahel Y., Dellahi Y. & Chahhou D., 2022 Mapping the Site of Biological and Ecological Interest of Rganat-Bouchkal (Tsili) Argan forest (Moroccan Central Plateau) using remote sensing. IOP Conf. Ser.: Earth Environ. Sci. 1090 012001

Posté par Jean-Paul Peltier.