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[9 avr. 2022] Centaurea achilleifolia (Asteraceae) nouvelle espèce décrite par Homrani Bakali A. et Susanna A. pour la flore du Maroc

Centaurea achilleifolia appartient à la section Melanoloma des Centaurea, où il se rapproche de Centaurea atlantis. Il possède, comme cette dernière, des bractées palmées et des akènes à pappus. Il en diffère par ses feuilles spectaculaires bipennatiséquées, qui rappellent certaines espèces d’Achillea et la petite taille de ses akènes.

Centaurea achilleifolia a été récolté dans le Moyen Atlas Oriental, sur le jbel Bou Naceur à 2750 m d’altitude.

Réf. Homrani Bakali A. & Susanna A., 2022 - Centaurea achilleifolia (Asteraceae), a new endemic species from the Oriental Middle Atlas of Morocco. Phytotaxa 542 (1): 083–089.

Posté par Jean-Paul Peltier.

[25 févr. 2022] Le génome chloroplastique de l’arganier décrit et analysé en détail et mise à jour du statut taxonomique de l’arganier

Le génome chloroplastique d'Argania spinosa a été séquencé, assemblé et analysé, puis comparé avec celui de deux Sapotaceae, Sideroxylon wightianum et Pouteria campechiana.

Le génome chloroplastique de l’Arganier se présente comme une molécule d’ADN circulaire de 158 848 paires de nucléotides (paire de bases, pb) avec une teneur moyenne en guanine-cytosine de 36,8 %. Il présente une structure quadripartite typique constituée de deux régions de séquences répétées inversées (Inverted Repeat sequance, IR) de 25 945 pb de longueur, une petite région simple copie (Small Single Copy region, SSC) de 18 591 pb et une grande région simple copie (Large Single Copy region, LSC) de 88 367 pb.

Le génome chloroplastique d’Argania spinosa code pour 130 gènes, dont 85 gènes codant pour des protéines (Coding DNA Sequence, CDS), 8 gènes pour l'ARN ribosomal (ARNr) et 37 gènes pour l’ARN de transfert (ARNt).

Des analyses phylogénétiques utilisant la méthode du maximum de vraisemblance (Maximum Likelihood method, ML) ont été réalisées à l’aide de 69 gènes codant pour des protéines de 11 espèces d'Ericales. Les résultats confirment plusieurs études antérieures (Smedmark et Anderberg 2007 - Stride, Nylinder et Swenson 2014) et montrent incontestablement la proximité du genre Argania avec le genre Sideroxylon. De ce fait, le genre Argania devrait être subsumé dans Sideroxylon, et l’Arganier désormais connu sous le nom de Sideroxylon spinosum

Réf. Khayi S., Gaboun F., Pirro S. et al., 2020 - Complete Chloroplast Genome of Argania spinosa: Structural Organization and Phylogenetic Relationships in Sapotaceae. Plants 2020, 9, 1354; doi:10.3390/plants9101354

Posté par Jean-Paul Peltier.

[7 janv. 2022] La Bituminaire commune (Bituminaria bituminosa) de l’Anti-Atlas, un exemple de retro-colonisation !

L’analyse de la répartition des 38 haplotypes de Bituminaria bituminosa (définis à partir de deux marqueurs de plastes) présents dans le bassin méditerranéen, montre que le nord-ouest de l’Afrique possède des niveaux remarquablement élevés de diversité génétique (19 haplotypes, dont 16 particuliers à cette zone).

Ce serait depuis cette zone - l’Afrique du Nord - qu’aurait débuté à partir du Pléistocène moyen (-1.5 MA) l’expansion de Bituminaria bituminosa, aboutissant à une distribution circum-méditerranéenne de l’espèce et la colonisation des îles volcaniques de l’océan atlantique.

Surprise, les populations de Bituminaria bituminosa de l'Anti-Atlas ne forment pas un groupe à part, mais proviennent d’une hybridation entre deux lignées canariennes ! Les analyses démographiques suggèrent que les populations de l'Anti-Atlas seraient le résultat d'une rétro-colonisation des îles les plus orientales (Fuerteventura et Lanzarote alors réunies en une seule masse terrestre, connue sous le nom de Mahan), vers les côtes africaines qui se serait passée avant le dernier maximum glaciaire (dernière glaciation qui caractérise la fin du Pléistocène).

Ainsi, Bituminaria bituminosa pourrait avoir, comme Draceana draco subsp. ajgal, une origine récente, à partir de populations des îles Canaries.

Réf. García-Verdugo C., Mairal M., Tamaki I. & Msanda F., 2021 - Phylogeography at the crossroad: Pleistocene range expansion throughout the Mediterranean and back-colonization from the Canary Islands in the legume Bituminaria bituminosa. J. Biogeography, 48 (7) : 1-13.

Posté par Jean-Paul Peltier.

[28 oct. 2021] Centaurea peltieri (Asteraceae) nouvelle espèce décrite par Homrani Bakali et Susanna A. pour la flore du Maroc !

Centaurea peltieri appartient à la sect. Melanoloma (Cass.) DC. et elle est proche de Centaurea takredensis, la seule espèce de la section à akènes chauves (sans pappus). Il diffère de C. takredensis par les bractées arachnoïdiennes en particulier au-dessus, et les bractées moyennes terminées par un appendice spinescent, penné, recourbé.

L'espèce a été trouvée dans les falaises du jbel Maaker (Haut Atlas oriental) entre 1950 m et 2800 m d’altitude.

Réf. : Homrani Bakali A. & Susanna A. 2021 - Centaurea peltieri (Asteraceae), a new endemic species from the Oriental High Atlas of Morocco. Phytotaxa 523 (2): 192-198.

Posté par Jean-Paul Peltier.

[10 févr. 2021] Deux nouvelles espèces pour la flore du Maroc découvertes par Homrani Bakali A.!

Il s’agit de Gypsophila struthium L. (Caryophyllaceae) trouvé dans la région du Drâa-Tafilalet et de Senna alexandrina Mill. (Fabaceae) récolté à proximité de la ville d’Akka, province de Tata.

Réf. Homrani Bakali A. & Peltier J.-P. 2020.Gypsophila struthium L. nouvelle espèce pour la flore du Maroc. Bulletin de l’Institut Scientifique, Rabat, Section Sciences de la Vie, n° 42, 59-62.

Réf. Homrani Bakali A. & Peltier J.-P. 2020. Senna alexandrina Mill. xénophyte tropical signalé pour la première fois au Maroc Al Yasmina, 1 : 1-7.

Posté par Jean-Paul Peltier.

Dernière modification le samedi 11 juin 2022 à 12h14.