Actualités du site teline.fr (biodiversité végétale du sud-ouest marocain) Actualités du site teline.fr consacré à la flore et aux groupements végétaux du sud-ouest marocain. https://www.teline.fr/fr Wed, 25 Mar 2026 00:34:13 +0100 <![CDATA[Accumulation du carbone en milieux arides : le rôle des vergers d’arganiers extensifs]]> Des vergers d’arganiers (âgés de 2 à 10 ans) conduits en système extensif dans la réserve de biosphère de l’arganeraie ont été étudiés afin d’évaluer les stocks de carbone des principales composantes de l’écosystème (biomasse aérienne des arganiers, litière foliaire, végétation herbacée et sol). L’étude, menée sur six sites entre 2021 et 2023, a combiné des mesures morpho-physiologiques et dendrométriques avec une modélisation par équations structurelles pour analyser les interactions entre compartiments. Les stocks de carbone ont été estimés selon les directives du GIEC (2006, révisées en 2019).

Les résultats montrent une augmentation du stock de carbone de la biomasse des arganiers avec l’âge (0,003 à 1,938 t C ha⁻¹ entre 2 et 10 ans). Les contributions de la litière (0,36–8,51 kg C ha⁻¹) et de la biomasse herbacée (0–0,56 t C ha⁻¹) restent limitées. Le sol constitue le principal réservoir de carbone, avec des stocks variant de 10,12 à 80,5 t C ha⁻¹ (0–30 cm) et de 8,49 à 75,94 t C ha⁻¹ (30–60 cm).

Ces résultats mettent en évidence le rôle dominant du sol dans la séquestration du carbone et soulignent le potentiel de l’arganiculture extensive pour la restauration des écosystèmes et l’atténuation du changement climatique. Ils confirment également l’intérêt d’intégrer ces systèmes dans les stratégies climatiques nationales et les mécanismes de valorisation carbone, notamment en zones arides.

Réf. Oumasst A., Tiouidji F. E., Chabbi N. ,et al.2026 - Evaluating the dynamics of carbon accumulation in extensive argan orchard ecosystems in arid regions. Ecological Processes (2026) 15:6 - https://doi.org/10.1186/s13717-025-00666-1

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https://www.teline.fr/fr/actualites/article/60 Wed, 18 Mar 2026 00:00:00 +0100
<![CDATA[Le peuplement à arganier de la haute vallée de l’oued Grou]]> L’étude a pour objectif de cartographier, à l’aide d’images satellitaires à très haute résolution spatiale, la formation à arganier située dans la haute vallée de l’oued Grou. Ce peuplement correspond à une population disjointe localisée à environ 400 km au nord de l’aire principale de répartition de l’arganier. Il est considéré comme un site d’intérêt biologique et écologique et a été identifié comme prioritaire pour la mise en œuvre de mesures de conservation et de valorisation.

La zone d’étude est caractérisée par un bioclimat semi-aride à hivers tempérés, avec des précipitations annuelles estimées entre 400 et 450 mm.

Dans l’ensemble, l’arganeraie se présente sous la forme d’un matorral dégradé sous l’effet combiné des coupes de bois et du surpâturage. Elle comprend environ 775 pieds d’arganiers dispersés sur une zone à vocation sylvo-pastorale de 1200 ha, située entre 200 et 600 m d’altitude.

La majorité des arganiers se développe sur des versants très escarpés, exposés au sud ou au sud-ouest, sur des substrats schisteux paléozoïques caractérisés par des sols peu développés. Les arganiers y sont principalement associés au sumac à cinq feuilles (Rhus pentaphylla).

Quelques individus sont également observés en ubac. Cependant, sur ces versants, où les sols sont généralement plus profonds et mieux développés, la formation végétale dominante correspond à des boisements de thuya (Tetraclinis articulata), d’oléastre (Olea europaeasubsp. europaea) et de lentisque (Pistacia lentiscus).

À ce jour, ce site n’a jamais fait l’objet d’un plan de gestion. Cette absence de mesures d’aménagement explique en partie le degré de dégradation observé, près de 68 % de la surface étant actuellement occupée par des sols nus.

Il convient de rappeler que la présence de l’arganier dans la vallée de l’oued Grou a été signalée pour la première fois par Emberger en 1924. Par ailleurs, l’étude du génome chloroplastique de l’arganier a montré que ces peuplements résulteraient d’une dispersion relativement récente, probablement d’origine anthropique (El Mousadik & Petit, 1996).

Réf. Sahel Y., Dellahi Y. & Chahhou D., 2022 Mapping the Site of Biological and Ecological Interest of Rganat-Bouchkal (Tsili) Argan forest (Moroccan Central Plateau) using remote sensing. IOP Conf. Ser.: Earth Environ. Sci. 1090 012001

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https://www.teline.fr/fr/actualites/article/59 Tue, 10 Mar 2026 00:00:00 +0100
<![CDATA[Cartographie scientifique de la recherche sur l’arganier : une analyse bibliométrique globale]]> Cette étude présente une analyse bibliométrique de 926 publications scientifiques consacrées à Argania spinosa, extraites de la base Scopus et couvrant la période 1897-2024. Elle constitue la première investigation englobant l’ensemble des thèmes de recherche liés à l’arganier. La sélection du corpus et la stratégie de recherche ont été réalisées selon les recommandations PRISMA 2020.

L’approche méthodologique repose sur l’utilisation du package Bibliometrix et du logiciel VOSviewer, devenus depuis la fin des années 2010 des outils de référence pour l’évaluation des performances scientifiques, l’analyse des réseaux de collaboration et la visualisation des cooccurrences de mots-clés.

Les premiers écrits sur l’arganier remontent au XIIᵉ siècle et sont attribués aux érudits arabes andalous, mais la recherche scientifique est restée limitée jusqu’aux années 1990. Entre 1996 et 2021, la production scientifique augmente progressivement, en lien avec le développement du secteur de l’huile d’argan et sa valorisation économique, notamment en médecine, phytothérapie et cosmétique. Cette dynamique s’explique aussi par la création de coopératives féminines, les programmes internationaux de développement, diverses certifications (réserve de biosphère de l’UNESCO, patrimoine culturel immatériel), le renforcement des politiques publiques, l’apport de financements nationaux et internationaux et l’organisation de congrès scientifiques. L’intérêt industriel et la demande internationale stimulent les recherches sur la chimie, la génétique, la domestication et les propriétés biologiques de l’arganier. La période 2021-2024 montre toutefois un recul récent des publications, probablement lié aux effets de la pandémie de COVID-19, aux contraintes financières et aux conditions climatiques défavorables.

Les analyses de réseaux mettent en évidence la structure intellectuelle et sociale de la recherche (auteurs, domaines, sources, pays et collaborations).

L’analyse de cooccurrence des quatre-vingt-huit mots-clés émergents identifie deux grands ensembles thématiques. Le premier concerne les recherches sur l’huile d’argan : composition chimique, techniques d’extraction, rôle des composés phénoliques dans la tolérance au stress hydrique, variation des acides gras et composés phénoliques entre variétés d’arganier, ainsi que propriétés antioxydantes et effets sur la santé humaine. Le second ensemble traite de la conservation et du reboisement des forêts d’arganiers et de leur adaptation au changement climatique. Les publications abordent notamment les initiatives de conservation, les plantations, la diversité génétique, les techniques de germination et la valorisation des sous-produits tels que les coques d’argan.

L’analyse croisée des structures conceptuelles, intellectuelles et sociales offre une lecture contextualisée de l’évolution des recherches et permet de mieux comprendre la dynamique et les orientations de la communauté scientifique travaillant sur l’arganier.

Aujourd’hui, la recherche reste principalement orientée vers la valorisation de l’huile, tandis que la durabilité forestière à long terme demeure relativement peu étudiée dans un contexte de changement climatique. Les recherches futures devraient adopter une approche multidisciplinaire intégrant génomique, biotechnologie, innovation en pépinière, génétique moléculaire, outils numériques de suivi et gouvernance socio-institutionnelle.

Parmi les stratégies proposées pour renforcer la résilience des forêts d’arganiers figure la migration assistée, consistant à déplacer intentionnellement l’espèce vers des zones moins affectées par le changement climatique. Toutefois, cette approche néglige le fait que la forêt d’arganier constitue aussi un paysage culturel, témoignant d’une relation ancienne et étroite entre les populations locales et leur environnement.

L’originalité de cette publication réside dans la construction du corpus, la profondeur de l’analyse et l’interprétation scientifique des résultats.

Réf. Timzioura R., Ezzine S., Benomar L., et al., 2025 - Bibliometric Analysis of Argan (Argania spinosa (L.) Skeels) Research: Scientific Trends and Strategic Directions for Climate-Resilient Ecosystem Management. Forests, 16, 892. https://doi.org/10.3390/f16060892

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https://www.teline.fr/fr/actualites/article/58 Sun, 08 Mar 2026 00:00:00 +0100
<![CDATA[2000 ans d'histoire de l'utilisation des terres dans le sud-ouest du Maroc]]> L’étude reconstitue l'histoire de la végétation et des usages des terres au cours des 2000 dernières années dans le sud-ouest du Maroc, à partir d’une approche multi-proxy réalisée sur la carotte sédimentaire GeoB 6008-1 prélevée au large du cap Ghir. Le modèle âge-profondeur de la carotte repose sur 17 datations au Plomb 210 pour les niveaux superficiels et 8 datations au carbone-14C (technique Accelerator Mass Spectrometry) pour les niveaux plus anciens, couvrant l’intervalle chronologique 520 BC à 1977 BD et permettant l’établissement d’un cadre chronologique robuste.

L’étude combine trois types d’analyses. Une analyse palynologique permet de reconstituer l’évolution de l’environnement végétal. Une analyse granulométrique des particules sédimentaires, associée à une modélisation par « end-members » (End-Member Modeling), permet d’identifier l’origine des sédiments (transport fluvial versus éolien). Enfin, une analyse par fluorescence aux rayons X (XRF) permet, grâce au rapport d’intensité Fe/Ca, de comparer les apports terrigènes (Fe) à la production carbonatée marine (Ca), reflétant ainsi les variations environnementales (érosion, crues fluviales, apports de poussières, etc.).

Les résultats montrent qu’entre 650 et 850 BD, le taux de sédimentation augmente nettement (passant d’environ 100 à 300 cm/1000 ans), accompagné d’un doublement du flux pollinique et du ratio Fe/Ca. Ces signaux convergents indiquent une augmentation importante des apports terrestres vers le milieu marin et suggèrent un renforcement des processus d’érosion et de transport fluvial vers l’océan. Parallèlement, des changements marqués sont également observés dans les relevés polliniques : forte augmentation des pollens de Cichorioideae, Artemisia et Plantago, taxons indicateurs de milieux ouverts ou anthropisés, et déclin des pollens de chênes caducifoliés, tandis que les chênes sempervirents présentent des variations plus limitées.

Ces transformations sont interprétées comme résultant d’une intensification des pressions anthropiques, en cohérence avec les dynamiques socio-historiques associées à l’arrivée et la diffusion de l’islam à partir du VIIe siècle, période marquée par une expansion de l’occupation humaine, de l’agriculture et du pastoralisme dans la région. L’accroissement des activités agropastorales, notamment l’élevage caprin, aurait favorisé la dégradation des formations ligneuses et accentué les processus érosifs.

Après 850 BD et jusqu’à aujourd’hui, les indicateurs sédimentaires (taux de sédimentation, Fe/Ca) restent relativement stables, suggérant une variabilité moindre des apports terrigènes. En revanche, les assemblages polliniques continuent de témoigner d’une dégradation de la végétation naturelle avec notamment des signes d’expansion des cultures arborées (olivier, arganier) et l’introduction d’espèces exotiques comme l’eucalyptus au cours des 150 dernières années.

L’ensemble des résultats met en évidence l’impact significatif des dynamiques socio-économiques sur la végétation et l’érosion régionale, perceptibles dans les archives sédimentaires marines.

Ref. McGregor H.V., Dupont L., Stuut J.-B. W & Kuhlmann H., 2009 - Vegetation change, goats, and religion: a 2000-year history of land use in southern Morocco. Quaternary Science Reviews 28, 1434–1448.

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https://www.teline.fr/fr/actualites/article/57 Wed, 18 Feb 2026 00:00:00 +0100
<![CDATA[Essai de classification des habitats continentaux du Maroc]]> La classification des habitats continentaux du Maroc proposée dans ce travail constitue une première formalisation systématique d’un référentiel typologique harmonisé à l’échelle nationale. Elle s’inscrit dans le cadre conceptuel de la typologie EUNIS (European Nature Information System), système de classification des habitats naturels, semi-naturels et anthropiques couvrant les milieux terrestres et marins européens. Élaborée par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), la typologie EUNIS poursuit un double objectif : standardiser la description des habitats afin d’en assurer la comparabilité spatiale et soutenir les dispositifs de suivi de la biodiversité et les politiques de conservation.

Toutefois, le transfert direct de ce référentiel au contexte nord-africain se heurte à des limites biogéographiques et écologiques majeures. La présente typologie procède dès lors à une adaptation raisonnée du cadre EUNIS, fondée sur la prise en compte des spécificités climatiques, géomorphologiques et phytogéographiques marocaines. Elle intègre notamment des habitats arides et sahariens dépourvus d’équivalents stricts dans le référentiel européen (arganeraies, steppes arides et sahariennes, formations à thuya, acacia spp. ou euphorbe spp., oasis, chotts et sebkhas désertiques). Elle considère également des unités géomorphologiques structurantes (graras, regs, ergs, lits d’oueds) ainsi que les grands ensembles de végétation décrits pour le Maroc par Ionesco et Sauvage (1962), dont la portée physionomique et écologique demeure déterminante dans l’organisation des paysages.

La typologie repose sur une organisation hiérarchique emboîtée. Le premier niveau correspond aux grands types de milieux (niveau 1, dit niveau supérieur de description). Chaque unité de niveau 1 se subdivise en unités de niveau 2, elles-mêmes déclinées en unités de niveau 3. Cette structuration graduelle permet d’accroître progressivement le degré de précision descriptive et d’affiner la caractérisation écologique des habitats.

Dans le cadre du présent essai, la hiérarchisation ne dépasse pas le troisième niveau. En effet, aux niveaux inférieurs, les critères discriminants deviennent plus spécialisés et mobilisent des référentiels conceptuels qui ne font pas toujours l’objet d’un consensus scientifique. En particulier, la définition d’unités plus fines pourrait reposer sur une approche phytosociologique. Si cette dernière offre une base théorique rigoureuse, son application demeure souvent délicate en contexte opérationnel, en raison de sa technicité et de sa relative difficulté d’appropriation par un public élargi d’acteurs, notamment gestionnaires et praticiens de terrain. Les auteurs ont ainsi privilégié, à ce stade, une approche concertée, laissant ouverte la possibilité d’un approfondissement ultérieur fondé sur les retours d’expérience et l’avis des gestionnaires.

La classification distingue 11 grands types de milieux, dont le degré de résolution varie en fonction de l’état des connaissances disponibles et de la littérature existante. Elle s’appuie sur la tradition phytosociologique marocaine tout en adoptant une structuration compatible avec les standards internationaux. En l’état, cette proposition constitue un cadre de référence opérationnel pour l’identification et la cartographie des habitats continentaux du Maroc. Elle présente une cohérence interne satisfaisante, une solidité conceptuelle défendable et offre une base méthodologique susceptible d’évoluer vers des niveaux de précision plus fins à mesure de l’avancement des connaissances et de la consolidation des consensus scientifiques.

Réf. Sghir Taleb M. & Fennane M., 2025 - Essai de classification des habitats continentaux du Maroc (niveaux hiérarchiques supérieurs et moyens). Université Mohammed V de Rabat, travaux de l’Institut Scientifique, série Générale, n° 10, 122 p.

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https://www.teline.fr/fr/actualites/article/56 Fri, 13 Feb 2026 00:00:00 +0100
<![CDATA[Neuf gènes SOD identifiés chez l’arganier]]> Les plantes exposées à des stress abiotiques tels que la sécheresse, la salinité ou les températures extrêmes produisent en excès des molécules nocives appelées espèces réactives de l’oxygène (ROS, reactive oxygen species). Ces molécules peuvent endommager les protéines, les membranes cellulaires et l’ADN. Pour maintenir l’homéostasie cellulaire, les plantes ont développé des systèmes antioxydants enzymatiques, parmi lesquels les superoxyde dismutases (SOD, superoxide dismutase) jouent un rôle clé. Ces enzymes catalysent la transformation des ROS en composés moins toxiques. Selon le métal cofacteur impliqué, les SOD sont classées en trois groupes principaux : Cu/ZnSOD, FeSOD et MnSOD.

Dans cette étude, les chercheurs ont réalisé une analyse complète du génome de l’arganier afin d’identifier et de caractériser les gènes codant pour les SOD. Au total, neuf gènes SOD ont été identifiés et classés en trois groupes en fonction du métal cofacteur impliqué. Cette classification a été confirmée par l’analyse de leurs structures géniques, de leurs séquences protéiques conservées au cours de l’évolution, essentielles au fonctionnement enzymatique, ainsi que par l’étude des relations phylogénétiques avec les SOD d’autres espèces végétales. Par ailleurs, l’analyse des régions régulatrices de ces gènes a révélé la présence de plusieurs éléments cis-régulateurs associés aux réponses au stress, suggérant un rôle potentiel des gènes SOD dans l’adaptation de l’arganier aux conditions environnementales défavorables.

Enfin, 36 paires d’amorces spécifiques ont été conçues afin de faciliter l’analyse de l’expression de ces gènes lors de futures expériences. Leur efficacité et leur spécificité ont été évaluées par des analyses informatiques (in silico), indiquant des performances satisfaisantes pour des applications ultérieures.

Dans l’ensemble, cette étude fournit une base solide pour une meilleure compréhension du rôle des gènes SOD chez l’arganier. Ces résultats pourraient, à terme, contribuer au développement de plantes plus résistantes au stress, capables de mieux tolérer la sécheresse, la salinité et d’autres contraintes environnementales.

Ref. Chahidi M., El Faqer A., Rabeh K. & Belkadi B., 2025 - Genome-wide survey of superoxide dismutase (SOD) genes in Argania spinosa L., an endemic tree species. Discover Plants (2025) 2:362 – https://doi.org/10.1007/s44372-025-00379-x

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https://www.teline.fr/fr/actualites/article/55 Fri, 09 Jan 2026 00:00:00 +0100
<![CDATA[Mise évidence de biomarqueurs spécifiques liés à la tolérance à la sécheresse de l’arganier.]]> À l’aide d’une approche métabolomique, cette étude vise à identifier les métabolites présents chez l’arganier et à détecter des biomarqueurs associés au stress hydrique chez deux écotypes adaptés à des conditions environnementales contrastées. Comprendre quels métabolites et quelles voies métaboliques sont mobilisés face à la sécheresse constitue une base scientifique essentielle pour cibler les mécanismes réellement efficaces d’adaptation.

Les graines utilisées proviennent de deux stations distinctes : Aoulouz, située à l’ouest au fond de la plaine du Souss, au pied du Haut Atlas (altitude : 700–850 m ; pluviométrie annuelle moyenne d’environ 232 mm ; températures minimales et maximales moyennes de 5,6 °C et 35,7 °C, respectivement), et Lakhssas, localisée au sud dans la région de Guelmim (altitude : 916–988 m ; pluviométrie annuelle d’environ 189 mm ; températures minimales et maximales moyennes de 7,3 °C et 31,2 °C, respectivement).

L’expérimentation a porté sur douze plants âgés d’un an, cultivés en pots de 15 × 15 cm contenant un subs142trat constitué d’un mélange 4:1 de terre forestière et de tourbe et répartis équitablement entre les deux écotypes et les deux conditions expérimentales (stress hydrique et témoin). L’identification des métabolites a été réalisée à l’aide d’une technique analytique combinant la chromatographie en phase gazeuse à la spectrométrie de masse (GC-MS).

En conditions de stress hydrique, l’analyse statistique (test t, p < 0,05) a permis d’identifier 44 métabolites significativement affectés chez l’écotype Lakhssas et 56 chez l’écotype Aoulouz.

Un diagramme de type volcano plot a ensuite été utilisé afin de distinguer les métabolites surexprimés et sous-exprimés sous stress hydrique. Dans ce graphique, le log₂ du fold change (log₂FC), représentant la variation relative de l’abondance des métabolites entre les conditions stress hydrique et témoin, est porté en abscisse, tandis que l’axe des ordonnées (−log₁₀(p)) indique la significativité statistique. Les métabolites situés à droite du graphique (log₂FC positif) correspondent aux métabolites surexprimés (concentration significativement plus élevée sous stress hydrique par rapport au témoin), tandis que ceux situés à gauche (log₂FC négatif) sont sous-exprimés (concentration diminuée significativement sous stress hydrique par rapport au témoin). Ainsi, 34 métabolites étaient surexprimés et 10 sous-exprimés chez Lakhssas, tandis que chez Aoulouz, 25 métabolites étaient surexprimés et 31 sous-exprimés.

L’importance relative de chaque métabolite a été évaluée à l’aide de l’analyse VIP (Variable Importance in Projection), qui permet, dans un modèle multivarié, d’identifier les composés contribuant le plus à la discrimination entre les deux écotypes. Sur cette base, vingt métabolites présentant un score VIP ≥ 1, indicatif d’une contribution significative, ont été sélectionnés.

Les analyses en composantes principales (PCA) et les analyses discriminantes par moindres carrés partiels orthogonaux (OPLS-DA) ont révélé une séparation nette entre les échantillons témoins et ceux soumis au stress hydrique. En s’appuyant sur l’importance des variables dans les scores de projection ainsi que sur les analyses des courbes ROC (Receiver Operating Characteristic), dix biomarqueurs potentiels de tolérance à la sécheresse ont été identifiés.

Chez l’écotype Aoulouz, deux métabolites surexprimés, M65 (lupéol) et M102 (octadécane), ainsi que trois métabolites sous-exprimés, M108 (octacosane), M123 (5-octadécène, E) et M200 (ester diéthylique de l’acide 4-nitrobenzylidènemalonique), se sont révélés déterminants. En revanche, l’écotype Lakhssas présentait cinq biomarqueurs surexprimés : M6 (ester méthylique de l’acide hexadécanoïque), M54 (1,3,6,10-cyclotétradécatétraène, 3,7,11-triméthyl-14-(1-méthyléthyl)), M88, M91 et M142.

Les métabolites M65 et M102 chez Aoulouz contribueraient probablement au renforcement de l’intégrité cuticulaire et à l’atténuation des réponses au stress oxydatif. À l’inverse, la surexpression de M6 et M54 chez Lakhssas suggère une adaptation reposant davantage sur la signalisation lipidique et le métabolisme énergétique. Toutefois, cet écotype pourrait se révéler moins résilient face à une sécheresse prolongée, en raison d’une plus forte capacité de réallocation métabolique.

En conclusion, l’étude montre que les deux écotypes adoptent des stratégies distinctes : l’écotype Aoulouz développe une tolérance durable via le renforcement de la cuticule et une meilleure gestion du stress oxydatif et l’écotype Lakhssas mise sur des ajustements métaboliques transitoires. Ces résultats sont précieux car ils relient des signatures métaboliques mesurables à des stratégies physiologiques efficaces, ouvrant ainsi la voie à des applications concrètes en amélioration des plantes et en agriculture durable face au stress hydrique.

Réf. Rabeh K., Farid Rachidi F., Sbabou L. et al.,2025 - Potential metabolite biomarkers of drought tolerance in contrasting Sideroxylon spinosum L. ecotypes using a metabolomic approach. J. Sci. Food Agric. (wileyonlinelibrary.com) DOI 10.1002/jsfa.70365

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https://www.teline.fr/fr/actualites/article/54 Sun, 21 Dec 2025 00:00:00 +0100
<![CDATA[Analyse bibliométrique des recherches sur l’arganier : identification des axes et défis scientifiques]]> Cette analyse bibliométrique vise à dresser un état des connaissances scientifiques actuelles sur l’arganier. À partir de quatre mots-clés (arganeraie, arganier, Argania spinosa et huile), combinés à des opérateurs booléens (ET, OU, NON), les bases de données Web of Science et Scopus ont été explorées. La période étudiée a été restreinte à 1992-2024, les publications antérieures à 1992 étant trop peu nombreuses pour être significatives.

Plus précisément, l’analyse porte sur l’ensemble de la littérature scientifique relative à l’huile d’argan — qu’il s’agisse de ses usages nutritionnels, cosmétiques ou médicinaux — ainsi que sur la biologie, l’écologie et les enjeux de conservation de l’arganier. Elle concerne également les applications de la télédétection pour la cartographie et le suivi spatio-temporel de l’arganeraie. L’objectif final est de mettre en lumière les pratiques de gestion durable existantes et d’identifier les principaux défis à venir.

L’analyse quantitative de la production scientifique a été réalisée à l’aide du logiciel Bibliometrix et de son interface Biblioshiny, des outils performants basés sur le langage R permettant d’examiner la structure, l’évolution et les dynamiques d’un champ de recherche grâce à des méthodes avancées d’analyse et de visualisation de réseaux. La construction et la représentation des réseaux (co-occurrence de mots-clés, collaboration entre auteurs, co-citations, citations) ont été effectuées avec le logiciel VOSviewer.

La première étape de l’analyse a porté sur la littérature scientifique consacrée à l’huile d’argan. Entre 1992 et mai 2024, six cents contributions ont été recensées. L’examen de la co-occurrence des 2 678 mots-clés issus de ce corpus fait apparaître trois ensembles thématiques fortement liés entre eux. Le premier groupe (16 éléments) porte sur les effets de l’huile d’argan sur la santé et regroupe des notions telles que « composés phénoliques » ou « stress oxydatif ».Le deuxième (également 16 éléments) concerne l’évaluation de la qualité de l’huile et ses implications sanitaires, avec des mots-clés comme « adultération » ou « tocophérol ». Le troisième (11 éléments) renvoie aux caractéristiques botaniques de l’arganier et à son rôle écologique au Maroc.

L’analyse des six cents publications met en évidence une croissance marquée de la production scientifique à partir de 2009, ainsi que la diversité des contributeurs, des pôles de recherche et des réseaux de collaboration. Sans surprise, le Maroc – où l’arganier est une espèce endémique – occupe la position de leader dans ce domaine. Les institutions marocaines entretiennent par ailleurs de nombreux partenariats avec des établissements français et allemands.

La deuxième phase de l’analyse porte sur les travaux dédiés à l’écologie et à la physiologie de l’arganier. Entre 1992 et 2024, trois cent quatre-vingt-dix contributions ont été recensées. L’examen du réseau de co-occurrence des 134 mots-clés les plus utilisés dans cette littérature fait ressortir sept grands axes de recherche : les propriétés biochimiques, moléculaires et biologiques des composés de l’arganier ; les dimensions écologiques, physiologiques et de conservation ; l’écologie, la gestion et les usages ; les réponses physiologiques au stress abiotique ; la croissance et le développement ; la génétique, l’écologie et la biologie évolutive ; ainsi que les processus environnementaux et les stratégies de gestion.

Ces dernières années, l’intégration de techniques avancées de télédétection et d’apprentissage automatique, s’appuyant sur l’imagerie satellitaire multi-sources, a nettement amélioré la cartographie et le suivi des arganeraies, contribuant ainsi à la conservation et à la gestion durable de cet écosystème forestier.

Réf. El Moussaoui EH., Moumni A., Khabba S. et al., 2025 Bibliometric and review analysis of argan trees studies: global research trends and challenges. Agroforest Syst, 99:132 https://doi.org/10.1007/s10457-025-01228-2

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https://www.teline.fr/fr/actualites/article/52 Sun, 30 Nov 2025 00:00:00 +0100
<![CDATA[Nouvelles données sur le genre Oenothera (Onagraceae) au Maroc]]> L’étude présente de nouvelles données sur les occurrences d'espèces du genre Oenothera au Maroc, en mettant en lumière les difficultés d’identification liées à la forte ressemblance morphologique entre les taxons. Pour la première fois Oenothera laciniata est signalé dans le pays, tandis que la présence de Oenothera indecora et de Oenothera drummondii est confirmée dans les provinces de Kénitra et de Tétouan, respectivement. A noter, que cette dernière espèce avait été précédemment confondue avec Oenothera biennis. Ces trois taxons d’origine américaine, rares au Maroc, ont été observés dans des milieux sableux littoraux. Par ailleurs, il est montré que Oenothera lindheimeri, une espèce cultivée à des fins ornementales, s'échappe sporadiquement des zones de culture. Pour faciliter une identification précise, cet article propose des descriptions morphologiques détaillées, accompagnées d’illustrations, d’une comparaison avec les espèces apparentées et une clé dichotomique actualisée du genre Oenothera au Maroc.

Réf. Homrani Bakali A. & Khamar H., 2025 New records and floristic notes on the genus Oenothera (Onagraceae) in Morocco. – Botanica, 31(4): 142–154. https://doi.org/10.35513/Botlit.2025.4.1

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https://www.teline.fr/fr/actualites/article/51 Sun, 16 Nov 2025 00:00:00 +0100
<![CDATA[Le genre Pitardia réhabilité : confirmation de son appartenance à la sous-tribu des Menthinae (Lamiaceae)]]> La publication étudie la position de Nepeta nepetoides au sein de la famille des Lamiaceae. A cette fin, des analyses phylogénétiques moléculaires ont été conduites à partir de plusieurs marqueurs représentatifs de différents compartiments génomiques : quatre marqueurs de l’ADN chloroplastique (ycf1, les espaceurs ycf1–rps15, trnL–trnF et rpl32–trnL), deux marqueurs de l’ADN ribosomique nucléaire (ITS et ETS), ainsi qu’un gène nucléaire à faible nombre de copies (PPR-AT3G09060). Ces marqueurs, couramment employés dans les études phylogénétiques des plantes vasculaires, se sont révélés particulièrement pertinents pour analyser les relations entre espèces ou genres étroitement apparentés.

Les résultats obtenus à partir des trois ensembles de données sont concordants : les quatre populations de Nepeta nepetoides analysées forment un clade bien distinct, frère des autres représentants de la sous-tribu des Menthinae, et non de celle des Nepetinae. Par conséquent, cette espèce ne doit plus être classée dans le genre , mais dans le genre Pitardia.

Morphologiquement, le genre Pitardia se distingue du genre Nepeta par plusieurs caractères : deux étamines et pas de staminodes (quatre étamines chez Nepeta), tube du calice à 10 nervures (généralement 15 (13–17) chez Nepeta) et lobe médian de la lèvre inférieure de la corolle convexe et entier (généralement crénelé chez Nepeta).

Pitardia nepetoides Batt. ex Pit. est rétabli, son lectotype désigné, Pitardia caerulescens Maire et Pitardia gracilis Andr. mis en synonymie.

Ref. Homrani Bakali A., Dirmenci T., Celep F. & Drew B.T., 2025 - Pitardia resurrected: A new member of subtribe Menthinae (Lamiaceae). Taxon, https://doi.org/10.1002/tax.70053

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https://www.teline.fr/fr/actualites/article/49 Thu, 16 Oct 2025 00:00:00 +0200