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[6 juil. 2020]Draceana draco subsp. ajgal pourrait avoir une origine récente, à partir de populations des îles Canaries !

Posté lelundi 6 juillet 2020parPeltier Jean-Paul.

Une publication parue en avril 2020 (Durán & al. 2020) aborde, à l’aide de marqueurs moléculaires chloroplastiques, la biogéographie des dragonniers arborescents macaronésiens, taxons considérés appartenir à la très vieille flore africaine xérophile pan-africaine, la Randflora.

L’échantillonnage prend en compte les taxons macaronésiens (D. tamaranae, D. draco subsp. draco et D. draco subsp. caboverdeana), les taxons est-africains de la corne de l’Afrique supposés être leurs plus proches parents (D. cinnabari, D. ombet, D. schizantha, D. serrulata, D. ellenbeckiana), les taxons ouest-africains (D. aubryana et D. draco subsp. ajgal endémique du SW marocain) et un taxon asiatique (D. cochinchinensis).

L'étude des séquences de l'ADN chloroplastique a été effectuée à l’aide de quatre marqueurs : deux régions non codantes trnQ-rps16 et rpl32-trnL et les gènes rbcL (codant la grande sous-unité de la RubisCo) et matK du génome plastidial. Les reconstructions phylogénétiques utilisent la méthode du maximum de vraisemblance et une approche baysienne. Ces méthodes sont robustes et actuellement les plus utilisées pour générer les arbres phylogénétiques.

Les relations phylogéographiques, qui retracent l’histoire biogéographique des espèces, ont été abordées à l’aide de trois régions du génome plastidial : psbJ-petA, rpl32-trnL, psbD¬trnT. Ceux sont les régions les plus appropriées lorsqu’on travaille au niveau de la subsp.

Les analyses phylogénétiques indiquent que les dragonniers macaronésiens représentent un groupe monophylétique et que ce n’est pas parmi les espèces de la corne orientale de l’Afrique et de la portion sud-occidentale de la péninsule arabique qu’il faille chercher leurs parents, idée pourtant admise de longue date. En revanche, les niveaux de diversité génétique élevés détectés dans les populations insulaires laisser penser que les îles de l'Atlantique auraient pu servir de refuge à la lignée des dragonniers macaronésiens.

Les analyses phylogéographiques soulignent que la diversification au sein des populations canariennes de Draceana draco s'est produite tout au long du Pléistocène et que les populations du sud-ouest du Maroc pourraient avoir une origine récente, à partir des populations canariennes. Ainsi, D. draco subsp. ajgal représenterait une sous-population qui a récemment subi une différenciation allopatrique.

Les résultats doivent encore être conforté en améliorant l’échantillonnage : une seule des cinq espèces de dragonnier asiatique a été prise en compte.

Réf. : Iván Durán, Águedo Marrero, Fouad Msanda, Cherif Harrouni, Michael Gruenstaeudl, Jairo Patiño, Juli Caujapé-Castells1 & Carlos García-Verdugo, 2020 - Iconic, threatened, but largely unknown: Biogeography of the Macaronesian dragon trees (Dracaena spp.) as inferred from plastid DNA markers. Taxon 69, issue 2 : 217-233.

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